Aquarelle 15

Collioure

1924

37.9 x 46.5 cm

The Art Institute of Chicago

Collioure, en catalan COTLLIURE,  commune située sur la côte Vermeille au bord de la mer Méditerranée dans le département des Pyrénées-Orientales ,célèbre pour son site et son patrimoine, a séduit de nombreux artistes.

Collioure a vu naître le FAUVISME : un mouvement pictural français du début du 20ème siècle.

En 1905, Henri Matisse a souhaité faire  prendre  un nouveau virage à sa carrière artistique en partant à la découverte de Collioure. Ce petit village  chargé d’histoire, bordé par la mer et entouré par des collines de vignes en escaliers suscita son étonnement par sa nature et son charme fou et devint à ce moment-là sa principale source d’inspiration.

 Henri Matisse sera rejoint par d’autres peintres André Derain,  Etienne Terrus, Aristide Maillol et Daniel de Monfreid. Ces artistes  créeront ensemble ce nouveau courant de peinture : le fauvisme, en rupture totale avec la convention de l’époque, basé sur l’émotion et la couleur poussée à son paroxysme, libératrice de la créativité.

Ils travailleront ensemble à Collioure et réaliseront  de nombreuses œuvres qui deviendront quelques années plus tard mondialement connues.

Un peu plus tard, au début de l’été 1924, CR Mackintosh et sa femme Margaret arrivèrent  à Collioure pour y rejoindre  leurs amis Rufolf  IHLEE  et Edgar HEREFORD.

Mackintosh eut l’idée de  s’engager  à peindre des  paysages,  particulièrement ceux des villages qu’il découvrait au fur et à mesure de l’avancée de son  périple en Roussillon.

La perspective

Nous nous trouvons en dessous de la route de Port-Vendres sur une promenade qui borde la baie de Collioure au Sud en direction de la plage de la Balette et nous regardons vers le Nord, Nord-Est de l’autre côté de la baie en direction de la vielle ville et du Fort Miradou.

Le tableau a été peint par CR Mackintosh en 1924 lors de son séjour dans la région. Il représente en premier plan la mer, puis la plage de Collioure sur laquelle sont échouées quatre barques catalanes de pêcheurs  .On peut y voir aussi étagée une partie de la vieille ville et enfin en surplomb le fort MIRADOU érigé au sommet sur le puig MUSART.

Analyse picturale

  1. « Mackintosh a capturé l’imposante élévation de la colline du « Palais d’été » le matin, lorsque la lumière du levant dessine ses contreforts et ses pignons. Le peintre se trouvait sur une position élevée de l’autre côté de la baie, juste à côté de la route principale qui relie Port-Vendres à Collioure. La masse de l’avant-plan est ‘passe-partout’, les modestes collines de l’arrière-plan ont été magnifiées, leurs formes courbes et leurs couleurs vives offrent un décor complémentaire au palais construit par l’homme. La masse austère du château a dû lui rappeler l’élévation sud de l’école des Arts de Glasgow. » Traduit de l’anglais avec l’aimable autorisation de l’auteure : Professor Pamela Robertson – Université de Glasgow – traduction S.Plas
  2. Cette belle vue du Fort Miradou et d’une partie du village se présente à nous frontalement. Mackintosh analyse ici minutieusement le rendu des volumes par l’éclairage et fait glisser habilement la couleur bleue de la mer aux parties ombrées des maisons. On notera l’opposition entre les surfaces géométriques générées par les volumes des maisons et, sur la surface bleue de la mer, les entrelacs de motifs clairs où domine la ligne courbe. Cette aquarelle tient son originalité de son aspect très épuré.

 Le fort Miradou

En 1540 sous le règne de Charles Quint a été construit, sur la hauteur du Puig Musart, le fort Sainte-Thérèse.  Celui-ci compte-tenu de sa situation présentait une importance capitale pour  la défense du château royal.

Entre 1671 et 1679, Vauban qui voulait faire de Collioure une ville de garnison et renforcer ses défenses, décida de raser une partie de la vieille ville pour dégager le fort Royal et construisit  à sa place un glacis de protection. D’autre part il entreprit la construction d’un nouveau fort à l’emplacement de celui du  Fort Sainte-Thérèse : le fort Miradou ou Mirador.

Le 16 décembre 1793 le fort capitula devant les assauts des  Espagnols (Guerra Gran ou Guerre du Roussillon).

Aujourd’hui, le fort Miradou, propriété de l’armée de terre, devenu le Centre National d’Entrainement Commando (CNEC), dont la mission est l’aguerrissement des cadres et personnels de l’armée de terre  accueille environ 3000 stagiaires par an et sa devise est “en pointe toujours”.

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