Historique de Port-Vendres

Port-Vendres se situe dans les Albères sur la côte vermeille au bord de la mer méditerranée, le bourg a été construit autour d’une anse qui a servi à aménager un port et ses défenses. Le bourg et ses aménagements ont évolué au cours des siècles. La rade est dominée par de nombreux puigs : puig Béar, puig du fort Saint-Elme, puig du fort Taillefer, puig de la tour Madeloc.

Ce Village aurait été fondé par les phéniciens au VI siècle av JC et a été le premier port de commerce du Roussillon utilisé pour relier le monde occidental au monde oriental puis aurait été repris par les Grecs et enfin les Romains qui lui auraient attribué le nom de Portus Veneris, en référence à un temple de Vénus mais aucun vestige de ce passé n’a été retrouvé.

Utilisé au Moyen Age, le port (en eau profonde) servait en fait de port annexe à Collioure. Ce port n’était habité que par quelques familles.

A partir du XVII siècle. Le port a été fortifié et aménagé petit à petit car il possédait un intérêt stratégique et permettait d’accueillir des bateaux importants (port en eau profonde) mais le bourg reste peu peuplé.  En 1804 : ce n’est toujours qu’une modeste bourgade de 194 habitants.

On peut citer les fortifications réalisées sous Louis XIV par Vauban dans les années 1680 : construction de défenses : Le fort fanal, la redoute Béar, le fort de la presqu’île, qui a été démoli en 1929.

Puis plus tard entre les années 1772 et 1789 sous Louis XVI un nouveau projet a été initié par le comte de Mailly dans le but faire de ce port un grand port militaire.  Côté Nord a été creusée  une darse dont les remblais ont servi à l’édification de la place de l’obélisque où a été réalisé l’ensemble architectural de l’Obélisque composé par le dôme, l’obélisque tout à la gloire de Louis XVI ainsi que quelques casernements.

Pendant cette période a été aussi construit le fort Mailly sur la rive Sud dans le but de renforcer les défenses du port. Les travaux se sont arrêtés du fait de la révolution.

Ce n’est qu’en 1823 que Port-Vendres est séparé de Collioure pour être érigé en commune.

Il faut attendre le début de la conquête de l’Algérie (1830) pour que la cité portuaire se développe de façon importante, par l’obtention de crédits suffisants pour son développement avec la création de la jetée, de trois cales de carénage, de magasins et le creusement d’une nouvelle darse de 9 mètres de profondeur. Les remblais provenant de ces travaux sont utilisés pour la réalisation de la place Castellane (Général artisan du développement de Port-Vendres).

Ces ouvrages seront complétés par le percement des deux tunnels du chemin de la jetée (1842).

En 1850, sous l’impulsion d’une commission militaire, un renforcement des défenses de l’entrée du Port a été décidé dont la reconstruction à la pointe de la Mauresque (Nord de Port-Vendres) du fort de la Mauresque.

Les travaux portuaires s’achèveront en 1867.

Par la suite Port-Vendres verra arriver le chemin de fer et deviendra un port de transit important pour la liaison avec l’Afrique du Nord (Algérie, Tunisie) et les ports de Marseille et de Sète desservis par la compagnie de Navigation Mixte.

Le transport de passagers se développe ainsi que les activités commerciales : exportations de vins, de minerai de fer, importations de grains, charbons….

En 1885 à l’extrémité du môle, qui avait été renforcé à plusieurs reprises et stabilisé, un phare métallique est construit. Ce phare unique en son genre possédait en son centre un escalier métallique à vis orientable en fonction de la direction des vagues.

Port-Vendres reste aussi un port militaire, à une époque où les tensions en Méditerranée sont nombreuses. La France et l’Allemagne se disputent la domination du Maroc. Port-Vendres est le port de France le plus proche du détroit de Gibraltar.

Si le rôle stratégique militaire de Port-Vendres diminue peu à peu après la Grande Guerre de 1914-1918, il n’en sera pas de même pour son rôle économique.

La population passe alors de 1671 habitants en 1856 à plus de 3000 en 1886 année où débute la construction de l’église Notre Dame de Bonne nouvelle.

En 1925 CR Mackintosh et sa femme Margaret s’installent à Port-Vendres dans l’hôtel du Commerce qui se trouve sur le quai Pierre Forgas au N°6 (depuis l’hôtel a été transformé : au rez de chaussé a été installée une banque : la BP  et les étages ont été aménagés en appartements. Sur une des façades de l’immeuble a été posée une plaque commémorative en souvenir du séjour de Charles Rennie Mackintosh dans cet emplacement.

 Cet hôtel à l’époque était très fréquenté et animé par un va et vient incessant de clients. La salle à manger donnait sur le port. Bien que le couple ne parlait pas très bien le français, les propriétaires, M et Mme Dejean les ont bien accueillis avec attention et sympathie.

Devant l’hôtel le quai était à l’époque très actif : y accostaient des cargos à vapeur, des voiliers en bois ou à coque de métal ainsi que des paquebots (la nouvelle gare maritime située quai François Joly n’a été inaugurée qu’en 1928).

Ces navires venaient de contrées variées : Espagne, Grèce, Afrique du Nord et du Sud.

Le quai grouillait de vie : débarquements et embarquements de passagers, et de marchandises très variées (Vins, café, bois de construction, céréales, caroubes, produits laitiers, fruits et légumes…) et d’animaux (ovins, bovins).

L’activité maritime militaire était aussi active.

Ils trouvent donc un bourg dynamique entouré d’un paysage préservé, de bâtiments et monuments historiques en bon état, un port animé avec ses bateaux divers et variés : autant de source pour son inspiration cf. ces tableaux du chemin de Mackintosh et sa correspondance. De son séjour à Port-Vendres il laisse à la postérité 13 aquarelles sur le thème de Port-Vendres. 

En 1929 la destruction du fort de la presqu’île sur la rive sud de la baie a été entreprise. Elle fut dynamitée et un nouveau quai créé.

En 1944 l’armée allemande d’occupation modifie bon nombre de bâtiments militaires tel que le fort Mailly, le fort fanal, le fort de la Mauresque en y construisant des Blockhaus en béton armé qu’ils détruiront en partie, au cours de leur retraite. Il en sera de même pour les installations du port (quai, magasins …).  Il faudra plus de 10 ans pour tout reconstruire et déminer le port.

La vision que l’on peut avoir de Port-Vendres et des ses bâtiments historiques est bien différente de celle qu’a pu avoir l’artiste dans les années 1920 du fait des destructions de la guerre de 1940-45, des reconstructions qui ont suivi et des aménagements importants de la ville et du port après-guerre.

Après 1962 à la suite de l’indépendance de l’Algérie les transits de passagers s’arrêtent et l’activité du port commercial décline ; cependant l’activité de pêche se développe avec l’arrivée de bâtiments de pêches et des techniques importées par les expatriés d’Algérie.

En 1975 l’anse Gerbal située sur la rive nord de la rade, près des anciens abattoirs sous le fort Fanal et que Mackintosch avait peinte (où les pécheurs à l’époque échouaient leur barque), a été entièrement bétonnée.  Ces travaux ont permis la création de nouveaux quais et sur l’esplanade obtenue ont été installés une zone de carénage, une usine à glace, des entrepôts réfrigérés, une grande poissonnerie et une criée. Les chalutiers venaient débarquer leur pèche pour la vente à la criée.

Mais à la suite de la disparition des ressources halieutiques l’activité de pêche a fortement décru. Le nombre de chalutiers a fortement diminué et la criée a fermé ses portes en 2010.

De nos jours le port est géré par le département et la Chambre de Commerce.

Il n’existe plus qu’un vieux chalutier en bois le Maria José Gabriel, des « petits métiers », ainsi que trois thoniers qui n’entrent en activité que deux semaines par an du fait de la réglementation de la pêche et des quotas.

L’activité du port de commerce est spécialisée pour l’importation de fruits et légumes par des navires porte-conteneurs (trois navires par semaine).

Le port de plaisance a un mouillage limité et accueille en saison des navires de croisières et de grande plaisance et est animé par quelques navires patrimoniaux de passage tels que le Belem, la Santa Maria, l’Hermione, la Santa Victoria …

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